A 25 ans, vous êtes la plus jeune conseillère de Paris, quel est votre parcours ?
Je suis venue à la politique par le syndicalisme étudiant, à l’UNEF ID, ce fut le déclic. Mais en ce qui concerne, le 19ème arrondissement, je n’ai pas découvert soudainement les habitants, j’ai déjà derrière moi des années de vie associative, que ce soit SOS Racisme au niveau local, les Maisons de quartier ou les associations de locataires.
Lorsqu’on m’a proposé d’être 10ème sur la liste aux municipales, on recherchait le rajeunissement, le renouvellement mais aussi quelqu’un ayant une vraie expérience du terrain.
Comment arrivez-vous à tout concilier ?
Il faut une organisation hors pair car j’ai l’impression d’avoir trois vies : chargée de mission dans un organisme de formation, un mi-temps au conseil de Paris et à la mairie du 19ème où j’ai une délégation et une vie personnelle avec mon chéri avec qui nous avons pacsé.
Pouvez vous faire un premier bilan de la parité ?
C’est du point de vue des électeurs que je suis portée à faire un bilan. Pour eux, tout s’est fait de façon naturelle, c’est entré dans les mœurs. N’est ce pas la preuve que c’était une réforme importante ?
Ce que j’apprécie aussi c’est que le nouveau maire de Paris est allé plus loin, il a appliqué la parité à l’exécutif et même à son cabinet, ce qu’il n’était pas obligé de faire. Plus qu’une mesure appliquée, c’est un état d’esprit.
Reste que chez les fonctionnaires de la Mairie de Paris il y a encore des choses à faire que ce soit en termes d’égalité, de formation et de promotion.
Cela étant, sur un plan général, il faut aller plus loin et étendre la parité aux Communautés de Communes, aux Agglomérations et aux Conseils Généraux. Sans oublier les exécutifs.
En effet, on a trop constaté en France qu’après la parité sur les listes municipales, les exécutifs continuaient d’être aux mains des hommes.
Y a t-il une approche féminine de la politique ?
Je me méfie du discours sur l’approche féminine qui serait basée sur l’intuition ou la compassion. Il est trop utilisé pour confiner les femmes dans des tâches dites naturelles comme l’enfance ou l’éducation.
C’est un discours généralement tenu par des femmes de droite qui reproduisent de vieux schémas. Si sur le fond, je ne vois pas de réelle différence, en revanche sur la forme il est clair que nous sommes plus habituées à tout concilier, à faire la 3ème journée, à mener plusieurs vie de front.
Votre définition de la politique ?
Agir sur la vie de la cité, changer le cours des choses et transformer la vie des gens.