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Le festival international des films de femmes

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Rencontre avec Jackie Buet, Directrice du Festival qui se déroulera cette année du 15 au 24 mars 2002.

Le festival a été créé en 1979, quel en est l’objectif ? Nous défendons le cinéma des femmes-auteurs du monde entier et faisons en sorte de le faire découvrir au plus large public possible. Nous nous sommes également fixé comme objectif de développer le marché de ce cinéma auprès des professionnels de la distribution et de l’exploitation. Plus généralement, nous sommes un lieu de rencontre pour les cinéastes, les professionnels et le public ; un lieu d’échange et de brassage culturel, d’émulation et d’incitation dynamique professionnel et artistique. Comment vous est venue cette idée ? Dans la fin des années 70 les femmes professionnelles étaient alors sous - représentées dans les festivals et les circuits de distribution. Nous étions militantes féministes depuis le début des années 70. Nous avons simplement voulu faire un lien entre le militantisme et notre métier. Il s’agissait de créer un lieu vitrine pour les rares réalisatrices. A l’époque, seulement 2% des réalisateurs étaient des femmes. Aujourd’hui cette proportion est heureusement passée à 15-20%. Nous avons tout de suite rencontré un grand succès public, les médias nous ont suivi. C’est ainsi que le festival a accompagné la naissance et l’épanouissement d’un cinéma au féminin depuis vingt-cinq ans. Qu’est-ce qui a changé depuis ? Avant et après guerre, Hollywood diffusait une image de femme idéalisée, fondée sur le fantasme masculin : une femme inaccessible, une belle "garce" ou une belle " gentille". Je ne regrette pas cette époque car cela a été une étape nécessaire pour la prise de conscience de l’image de la femme au cinéma lequel a enfermé les actrices dans des rôles très stéréotypés et masochistes. Les réalisatrices françaises ont tenté de déconstruire cette icône en mettant en avant des visages et des corps de femmes modernes, en prise directe avec le monde. Ce travail a contribué à l’actualisation de l’image de la femme et leur a permis d’aborder, par l’image, un certain nombre de thèmes jusque là tabou - le viol, l’inceste, la violence conjugale... Tous ces sujets sont aujourd’hui traités à la télévision aux heures de grande écoute. Mais, il faut reconnaître que ce sont les femmes qui ont cassé le cadre de la société traditionnelle pour l’agrandir. Les femmes ont su réintégrer le privé, l’émotion, le sentiment et la sexualité dans le cadre de la société. Certains réalisateurs, sous leur influence, ont également évolué, y compris dans l’image des hommes qu’ils donnent à voir : ils sont plus sensibles, moins fermés. Plus concrètement, il y a aujourd’hui plus de 50% de femmes à la FEMIS (Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son). Les producteurs se sont également rendu compte de la qualité du cinéma féminin : il sont moins frileux et soutiennent Laetitia Masson, Claire denis, Nicole Garcia, Diane Kuris ou Colline Terreau ; parce que le public a soutenu les films de ces réalisatrices et leur a apporté le succès. Etes-vous féministe ? Oui, personnellement je le suis. Le festival n’est pas une manifestation féministe, mais il explore tous les possibles du cinéma des femmes. Nous faisons un travail d’ordre sociologique plus que exclusivement militant . Cependant, si nous observons l’évolution de l’image de la femme et donc de la société, nous prenons position en terme de solidarité chaque fois que les droits ou l’image des femmes sont bafoués, dévalorisés ou niés. Pour ma part, j’étais participé aux combats pour la libéralisation de la contraception et de l’IVG. Aujourd’hui ce combat doit être porté hors de nos frontières françaises : en Amérique latine. C’est l’un des thèmes qui transparaît au travers de la sélection Latinas de cette année. La question de l’éducation et de l’accès à la contraception des femmes est une urgence absolue. Le cinéma est un bon outil de sensibilisation en ce sens. En 2002 vous proposez une sélection de soixante-trois films réalisés par des auteurs d’Amérique latine, dites-nous en davantage. Nous mettons effectivement à l’honneur les Latinas. A l’heure de la mondialisation il nous est apparu intéressant de mettre en avant des réalisatrices qui pourraient nous servir de guide pour lire les signes esthétiques et culturels des métissages à l’oeuvre dans le monde contemporain. Les latinas sont de ce point de vue de véritables passeurs entre la tradition et la modernité. De l’Equateur aux Tropiques, de la Terre de feu au Mexique, les réalisatrices d’Amérique du sud construisent et inventent les rêvent de leur génération. Elles dénoncent également les excès d’un continent marqués par la violence. A titre d’exemple, l’un des films sélectionné dans la compétition Latinas - El dia que me quieras réalisé par Florence Jaugey - met en scène le Commissariat de la femme et de l’enfance de Managua, créé en 1993 et qui reçoit les plaintes de femmes battues. Aujourd’hui, seize commissariats de ce type existent au Nicaragua. Ils ont reçu 14.000 plaintes pour coups, blessures, injures, menace de mort, et viols. Dans ce film, les hommes se défendent, se justifient, et avancent leurs arguments. Le parcours de Florence Jaugey, bien que française, est exemplaire de l’énergie du cinéma et des réalisatrices d’Amérique latine. Née en 1959 à Nice, elle étudie le théâtre à l’Ecole de la rue Blanche à Paris, avant de devenir comédienne de 1979 à 1989. Puis à partir de 1990 et avec Franck Pineda elle monte une maison de production nicaraguayenne : Camila Films, avant de s’installer à Mexico où elle reprend ses activités de comédienne. En 1995, elle travaille sur la production du film de Ken Loach Carla’s song. Elle a, à ce jour, réalisé sept films. Quels projets menez-vous aujourd’hui ? Nous tenons beaucoup au développement de notre structure comme lieu éducatif et de mémoire, vers les enfants bien sûr, mais pas seulement. Nous avons en ce sens créé un jury composé d’une quinzaine de collégiens et lycéens - Graine de cinéphage - pour lequel nous avons défini une compétition spécifique de fictions. L’objectif est d’éduquer ces jeunes à porter un regard critique sur l’image. Par ailleurs, le Festival poursuit des partenariats avec le Rectorat et forme les lycéens aux métiers de l’image. Avant le Festival, une programmatrice, Nicole Fernadez, intervient directement dans les classes de cinq à six collèges, lycées de l’Académie Créteil/Versailles. La préparation de ces ateliers se fait en étroite collaboration avec les enseignants et les intervenants cinéma. Enfin, nous proposons également des stages de formation aux enseignants à l’image ainsi qu’à des groupes de femmes dans les quartiers. Sur un autre plan, mais toujours dans cette optique pédagogique, nous avons développé les archives de festival dans le cadre du Centre de ressources multimédia de la création audiovisuelle des femmes - IRIS. Neuf milles fiches ont été créées, formant un vaste tour d’horizon des réalisatrices du monde entier et de leurs oeuvres. Son rôle est de mettre à disposition l’ensemble de ses ressources documentaires et de les rendre accessibles au plus grand nombre grâce aux technologies les plus avancées. IRIS qui sera accessible via internet mais également, physiquement, dans Paris intra-muros, devrait, outre le grand public cinéphile, tout particulièrement intéresser sociologues, historiens, anthropologues ou journalistes soucieux de l’exploration de l’évolution de l’image des femmes dans notre société. L’année prochaine, le festival fêtera son vingt-cinquième anniversaire : quel en sera le thème principal ? Les femmes et les nouvelles technologies de l’image. Il s’agira pour nous de mettre en avant l’un des axes fondateurs de nos initiatives : convaincre les jeunes femmes que c’est un métier pour elles. Montrer qu’il y a de la place pour les femmes, que la technicité ne doit pas être un frein, mais au contraire un allié et une force. Pour en savoir plus Le site du Festival international de films de femmes http://www.filmsdefemmes.com/ Le site de la FEMIS http://www.lafemis.fr

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