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Nouvelles questions féministes

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Rencontre avec Gaël Pannatier, secrétaire de rédaction.

La revue a été créée en 1977. Quelles ont été les évolutions de la ligne éditoriale et quel héritage revendiquez vous aujourd'hui de ce point de vue ? Nouvelles Questions Féministes a toujours fondé ses analyses sur le refus d'expliquer la subordination des femmes aux hommes et leur discrimination par la nature et la biologie. Les "femmes" et les "hommes" sont des catégories sociales produites par et dans des rapports de pouvoir organisés en système, le système de genre. Malgré les beaux discours, les positions sociales demeurent inégales. Cette situation contraint les femmes à entretenir une relation de dépendance matérielle et symbolique à l’égard des hommes. L'équipe de rédaction actuelle revendique donc complètement l'héritage de la revue, et se définit comme féministe, dans le sens du féminisme radical. Nous soutenons une lecture matérialiste des causes de l'oppression des femmes. NQF continue en ce sens à interroger la société sous l’angle de la division des sexes et à considérer le genre comme structurant fondamentalement notre organisation sociale. Forts de nos recherches, observations et constats notre ambition est double : faire de NQF un outil d'émancipation des femmes et un lieu à la pointe des débats de la recherche féministe. Nous revendiquons les aspects politiques et scientifiques comme étant intimement liés. L'oeuvre de Simone de Beauvoir est l'une des plus commentée dans le monde, en quoi est-elle toujours d'actualité et que diriez vous du féminisme du début du troisième millénaire ? est-il très différent ? L'oeuvre de Simone de Beauvoir a effectivement marqué l'histoire. Son analyse qui montre la construction sociale des différences entre les sexes est toujours pertinente aujourd'hui. C'est un apport fondamental à la recherche féministe. Elle a également été pionnière par sa critique de la maternité qui a été utilisée pour naturaliser la position sociale des femmes. Le féminisme semble se renouveler. Après les mouvements des années soixante dix, les féministes de ces dix dernières années se concentrent essentiellement sur la lutte pour l'égalité formelle (discriminations salariales et harcèlement par exemple). Agir sur le plan des discours est important mais n'est pas suffisant, il faut viser l'égalité dans les faits. La grève des femmes suisses du 14 juin 1991 a marqué ce changement. Nous commémorons cet événement conjointement avec les manifestations du lancement de Nouvelles Questions Féministes le 14 juin 2002 à Lausanne. Que diriez vous de l'évolution de la situation des femmes en Europe depuis trente ans. Quels combats restent à mener ? Les femmes ont gagné plusieurs victoires dans la reconnaissance de leurs droits (égalité formelle). Ces acquis (qui sont rarement garantis par ailleurs) sont très importants. Mais dans les faits, les femmes sont toujours nettement sous-payées par rapport aux hommes, sont toujours peu représentées dans les postes de pouvoir quels qu'ils soient, sont toujours plus touchées par la pauvreté, ou victimes de violences masculines. Les combats mener ne manquent pas. Le troisième numéro à paraître portera sur "la construction du masculin", en quoi est-ce un thème féministe ? L'interrogation sur la masculinité, cela participe-t-il d'une forme de renouveau du féminisme radical ? Un des premiers pas des féministes dans la mise en cause du "savoir universel" a été de mettre en évidence les femmes, par exemple dans l'histoire. Mais depuis plusieurs décennies, les Etudes féministes ne se limitent pas à l'analyse de la condition des femmes, elles s'intéressent aux rapports sociaux de sexe, et en ce sens concernent les rapports entre femmes et hommes, le système de genre plutôt que les "femmes". Ainsi, il n'est pas du tout étonnant de s'intéresser à la construction du masculin aux côtés de la construction du féminin. Les deux se construisent socialement les uns par rapport aux autres. D'autre part, des hommes s'investissent de plus en plus dans les Etudes Genre, et souvent inscrivent aussi ces questions dans leurs problématiques de recherche. Les études sur le genre dans l'université suisse et française se développent mais la France semble en retard de ce point de vue, comment l'expliquez vous ? rigidité administrative, rigidité idéologique .... ? Effectivement, sur le plan international la France est en retard dans le développement des Etudes Genre et surtout leur insertion dans le système académique. Nous retrouvons d'ailleurs cette différence en Suisse : la Suisse francophone a aussi du retard bien qu'étant très dynamique depuis trois ou quatre ans, alors que les Alémaniques se mobilisent sur ces questions depuis plus d'une décennie. Il est difficile de donner des raisons à l'imperméabilité des universités françaises. Une des explications pourrait être l'attitude de certaines femmes ayant des postes académiques qui préfèrent se distancer des revendications féministes ou de la mise en place de chaires centrées sur les Etudes Genre, alors qu'ici ou au Québec les liens entre recherche et mobilisations féministes sont le plus souvent revendiquées. De plus, deux stratégies peuvent être menées : le développement de chaires ou cursus en Etudes Genre, et/ou l'intégration d'une perspective de genre dans les cours généraux et différentes facultés. C'est peut-être cette solution qui est le plus souvent choisie ou imposée par le système en France. Une autre piste d'explication pourrait être la vision de l'universel, très forte dans l'espace public français, qui laisse peu de place à la perspective de genre et sa critique. Toujours est-il qu'il y a de nombreuses personnes travaillant sur ces thèmes, mais qu'elles ont de la peine à se faire reconnaître. Sur ce point, la situation en Suisse n'est guère plus favorable. Nous comptons notamment sur Nouvelles Questions Féministes pour permettre une meilleure connaissance de la recherche féministe et diffuser ces analyses.

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